L'anglais est-il encore la langue véhiculaire d'Internet ?


Pendant des années, les entreprises se sont adressées à leurs clients uniquement à travers des sites en anglais. Comment ont-elles pu rester dans le faux pendant si longtemps ?

La langue renforce les échanges humains et forge notre quotidien de manière conséquente, aussi bien dans le monde réel que sur Internet. Sur le marché mondial, les clients font beaucoup plus confiance et passent plus de temps sur des sites qui « parlent leur langue », au sens littéral du terme.

Et pourtant, nombreuses sont les entreprises qui commencent à peine à apprécier le rôle vital des langues pour les clients internationaux en ligne. Ceci gouverne non seulement nos conversations et notre comportement en ligne, mais cela limite aussi les informations auxquelles nous accédons.

Les clients font beaucoup plus confiance et passent plus de temps sur des sites qui « parlent leur langue », au sens littéral du terme.

Il y a vingt ans, des chercheurs ont déterminé qu'environ 80 % du contenu présent sur Internet était publié en anglais. Rien de surprenant lorsqu'on sait qu'à l'origine, Internet fut développé aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et fut rapidement adopté dans ces pays.

Désormais, si elles souhaitent avoir accès à une clientèle internationale, les entreprises ne peuvent plus se contenter de sites Web uniquement en anglais. Internet et le monde ont radicalement changé depuis le milieu des années 90. Pour rester compétitives, les entreprises doivent suivre cette évolution.

Hier et aujourd'hui

Le spectaculaire développement de l'accès à Internet au cours de la dernière décennie a grandement influencé le contenu en ligne. Le nombre d'utilisateurs Internet dans le monde se situe autour de 3,6 milliards, soit une progression de 60 % par rapport aux 2,21 milliards d'internautes recensés en 2015. L'essentiel de cette progression concerne les marchés émergents, où l'anglais est souvent la deuxième ou la troisième langue (lorsqu'elle est usitée).

Entre le milieu des années 90 et le milieu des années 2000, le contenu en anglais est passé de 80 % à environ 45 % du volume total des contenus en ligne, certains experts évoquant même un chiffre en dessous des 40 %. Cette tendance est à rapprocher de l'adoption massive du mobile et des smartphones à travers le monde, ainsi qu'à l'émergence des réseaux sociaux.

Une étude de 2011 a révélé qu'en l'espace de dix ans, le nombre de pages Web non anglophones a explosé, notamment dans les langues arabe, russe, chinoise et espagnole. Le chinois est aujourd'hui la deuxième langue la plus parlée sur Internet, affichant une extraordinaire progression de 2 227 % depuis l'an 2000. L'espagnol, loin derrière, arrive en troisième position et l'arabe, quatrième langue la plus utilisée, rattrape rapidement son retard.

Le pourcentage décroissant des contenus en anglais est flagrant sur les réseaux sociaux. Sur Internet et dans l'utilisation des réseaux sociaux, la Chine et l'Inde mènent la danse. D'ici 2023, près de la moitié de la population chinoise utilisera les réseaux sociaux. La Chine parle peu l'anglais et en Inde, près de 90 % des habitants ne parlent pas anglais.

Des études indiquent que près de la moitié des messages publiés sur Twitter sont rédigés dans une langue autre que l'anglais, les utilisateurs s'exprimant en japonais, en espagnol, en portugais et en indonésien étant les plus actifs.

Les réseaux sociaux jouissent d'une popularité exceptionnelle sur des marchés où l'anglais n'est pas la langue principale.

L'impact commercial

Ce paysage linguistique toujours changeant a un impact important sur l'activité mondiale en ligne. Selon une étude de 2006 réalisée par Common Sense Advisory, 73 % des personnes interrogées étaient davantage susceptibles d'acheter sur un site rédigé dans leur langue maternelle. Huit ans plus tard, ce groupe a mené une étude de grande ampleur. La demande des consommateurs a augmenté à hauteur de 75 %.

L'étude de 2014 indiquait que près de 60 % des personnes interrogées, soit « passaient plus de temps sur des sites dans leur langue maternelle (par rapport à des sites en anglais), soit boycottaient simplement les URL en anglais. » De plus, les clients internationaux exprimaient une volonté de payer plus cher des articles si les informations descriptives étaient dans leur langue maternelle.

Cette tendance s'exprime au-delà des marchés émergents. Une étude de 2011 menée auprès des consommateurs européens en ligne a révélé que lorsqu'elles avaient le choix, 90 % des personnes interrogées choisissaient systématiquement leur langue. Près de 20 % ont répondu qu'elles ne visitaient jamais un site Web si leur langue n'était pas proposée.

Plus de 40 % ont déclaré ne jamais acheter de produits ou de services dans d'autres langues.

Pour récapituler

Le constat est clair : l'anglais n'est plus, depuis un certain temps, la langue véhiculaire d'Internet et, au moment où l'adoption d'Internet continue à croître dans le monde, les contenus rédigés dans d'autres langues que l'anglais vont devenir de plus en plus indispensables pour réussir commercialement.

Pour rester compétitives à l'échelon mondial, les entreprises dans tous les secteurs doivent proposer des expériences en ligne qui soient localisées, traduites et accessibles pour les clients locaux sur le dispositif de leur choix. Prendre en compte ces meilleures pratiques est essentiel pour réussir au niveau international.

 
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